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Conseil de Quartier

Québec-Centre : Duclos confronté à son bilan

Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois dans Québec-Centre

Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois dans Québec-Centre, dresse un bilan sévère de son adversaire libéral, l’ex-ministre fédéral Jean-Yves Duclos.

Par Alexandre Morin

Le candidat bloquiste est catégorique : que ce soit en matière de logement ou sur les enjeux liés à l’itinérance — les deux principaux défis de la circonscription selon lui — M. Duclos a échoué sur toute la ligne.

Logement et itinérance

Sur la crise du logement à laquelle font face les citoyens des quartiers centraux de Québec, où les taux d’inoccupation sont anormalement bas, M. Bérubé rappelle que M. Duclos a été, de 2015 à 2019, le ministre responsable des attributions liées au logement.

« Tant en Basse-Ville qu’en Haute-Ville, on bat des records de bas taux d’inoccupation », souligne le candidat. « Si le travail avait été bien fait en 2015, c’est aujourd’hui que ça paraîtrait », ajoute-t-il, soulignant selon lui la responsabilité de Jean-Yves Duclos dans la crise du logement qui sévit actuellement à Québec.

Le taux d’inoccupation en Basse-Ville en 2024 était de 0,2%. Pour avoir un marché équilibré, le taux d’inoccupation devrait se situer autour de 3%.

Source: Ville de Québec

Même son de cloche en ce qui concerne les enjeux d’itinérance qui frappent la ville. Alors que M. Duclos occupait le poste de ministre de la Santé entre 2021 et 2023, le Bloc dénonce qu’il n’a accordé que 900 M$ sur les 6 milliards réclamés par le gouvernement du Québec en transferts en santé.

« C’est de l’argent qui n’a pas ruisselé vers nos organismes communautaires », explique M. Bérubé, en précisant qu’une vaste part du financement des organismes en itinérance provient du CIUSSS.

« Le Québec demandait des transferts de 6 milliards $ […] M. Duclos n’a donné que 900 M$, c’est à peine 15 % ».

Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois dans Québec-Centre

Le candidat bloquiste s’engage d’ailleurs, dès les premiers jours de son mandat s’il est élu, à organiser une grande concertation des acteurs communautaires et économiques de Québec afin de trouver des solutions pour faire face à la crise du logement et aux problèmes d’itinérance qui en découlent.

Le Bloc souhaite également s’assurer, à Ottawa, que le fédéral fournisse au gouvernement du Québec le financement nécessaire en santé et en logement, et ce, sans condition.

Environnement

Sur le plan environnemental, le candidat bloquiste dénonce le revirement des libéraux, qui proposent désormais, en réponse aux politiques hostiles de l’administration Trump, la création d’un corridor énergétique pouvant inclure des pipelines traversant le territoire québécois.

« Les gens me parlent beaucoup du pipeline qui est proposé par M. Poilievre et M. Carney aussi [et de] leur abandon total de toute lutte contre les émissions de gaz à effet de serre », explique-t-il.

« Les gens de Québec-Centre sont extrêmement préoccupés par l’environnement ».

Simon Bérubé, candidat du Bloc québécois dans Québec-Centre

Pour Simon Bérubé, le Bloc est désormais le principal parti écologiste dans la région, notamment en raison de son opposition ferme à la construction d’un pipeline pétrolier traversant le Québec.

« Heureusement, le Bloc, malgré toutes les circonstances, reste cohérent en matière d’environnement ».

Aînés

Le Bloc Québécois déposera un projet de loi visant à hausser de 10 % la pension de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes âgées de 65 à 74 ans, comme il l’avait proposé en échange de son appui au gouvernement Trudeau cet automne.

Cette demande du parti souverainiste avait été rejetée par le gouvernement libéral, malgré l’appui des conservateurs et des néo-démocrates. Rappelons que les libéraux ont augmenté la pension de 10 %, mais uniquement pour les aînés de 75 ans et plus — une décision que le Bloc dénonce comme créant deux classes d’aînés.

L’influence d’hier, l’impuissance de demain?

Ayant utilisé sa présence au Conseil des ministres pour se targuer d’avoir une influence au sein du gouvernement — contrairement à un député de l’opposition — M. Duclos se retrouve maintenant exclu du cabinet. Pour Simon Bérubé, cet argument se retourne désormais contre lui.

Jean-Yves Duclos
Jean-Yves Duclos est député libéral de Québec depuis 2015. Il a occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre de la Santé. En mars 2025, il a été exclu du conseil des ministres lors du remaniement dirigé par Mark Carney (crédit photo: compte X Jean-Yves Duclos)

« S’il devait être élu, il serait un député parmi tant d’autres […] Je doute fortement qu’il soit écouté ou entendu dans son caucus, car la priorité du Parti libéral sera l’Ontario », exprime le bloquiste, ajoutant que, depuis la crise tarifaire avec les États-Unis, c’est notamment l’Ontario et son industrie automobile, selon lui, qui sont les plus défendus par le fédéral, au détriment du Québec et de ses industries.

Après trois mandats, M. Duclos se présente à nouveau comme la personne, au sein du bon parti, pour régler les problèmes auxquels font face les citoyens de Québec. Simon Bérubé n’hésite pas à souligner ce qu’il perçoit comme une certaine ironie dans ce message, rappelant que ce sont justement les libéraux, avec M. Duclos au sein du conseil des ministres, qui étaient aux commandes durant les années ayant mené à la situation actuelle.

La campagne vient tout juste de débuter, et déjà, la course s’annonce serrée dans la circonscription de Québec-Centre, avec la remontée du Parti libéral du Canada et l’arrivée de son nouveau chef, Mark Carney. Reste à voir qui saura convaincre les électeurs qu’il est le mieux placé pour les représenter à Ottawa.

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