(Sainte-Foy) Des étudiants de l’Université Laval revendiquent la rémunération de tous les stages. Les cours des étudiants en sciences sociales sont piquetés par plusieurs manifestants issus de la communauté étudiante.
Xavier Renald
Ce matin, les étudiants de premier cycle en sciences sociales de l’Université Laval qui se sont rendus à leurs cours se sont butés à des piqueteurs devant leur salles de classe. Les membres de l’association des étudiants en sciences sociales (AESS) revendiquent une salarisation de tous les stages. Pour ce faire, ils ont voté en faveur d’une grève d’une journée lors d’une assemblée générale le 25 mars dernier.
Grève à l’Assemblée Nationale
Une manifestation aura lieu cet après-midi devant les bureaux de la ministre de l’Éducation supérieur, Pascale Déry. Les manifestants marcheront et vont terminer leur parcours devant l’Assemblée Nationale. Pour les représentants étudiants, le grève est un mal nécessaire.
« La raison pour laquelle on choisit la grève comme moyen de pression est que plusieurs autres moyens ont été utilisés par le passé et la grève est le meilleur moyen de faire valoir nos positions » mentionne Coralie Duchesneau, étudiante en travail social et coordonnatrice aux affaires externes de l’AESS.
Des cours annulés
De son côté, le professeur Patrick Gonzalez, visiblement agacé par le fait de voir son cours annulé, a remis en question le moyen de pression utilisé par les étudiants.
« Je suis dubitatif sur l’effet de ce moyen de pression là. Je ne vois pas à quoi ça sert. Je suis sensible aux revendications des étudiants mais je comprends mal la stratégie utilisée » -Patrick Gonzalez, professeur agrégé au département d’économique de l’Université Laval
Tout en admettant ne pas s’y connaitre suffisamment sur cet enjeu, le professeur mentionne que la réalité des étudiants a évolué depuis les 30 dernières années. Selon lui, les façons de faire en matière de distribution des ressources dans les universités doivent être revues.
« La société change et les institutions ne changent pas aussi vite qu’on le voudrait. Les étudiants restent à l’Université plus longtemps qu’avant. Dans ce contexte-là, les façons de faire qu’on a mis en place il y a 30 ans, ne me semblent pas toujours adaptées à la situation actuelle » -Patrick Gonzalez, professeur agrégé au département d’économique de l’Université Laval
Des revendications qui ne datent pas d’hier
La rémunération des stages au Québec est réclamée par divers groupes étudiants depuis 2015. Une étude de l’IRIS produite en 2023 a conclu qu’une rémunération des stagiaires coûteraient entre 388 et 501,5 M$ pour le gouvernement, et entre 173,5 et 237 M$ pour les entreprises privées.

Les programmes visant à former des professionnels du « care » comme l’enseignement, les soins ou la relation d’aide sont typiquement sans rémunération, ce qui accentue la précarité des étudiants dans ces disciplines.
« Drôlement, quand on se promène dans les salles de classes de ces différents programmes, ce sont des femmes qu’on retrouve en majorité » – Coralie Duchesneau, étudiante en travail social et coordonnatrice aux affaires externes de l’AESS.
L’association des étudiants en sciences sociales de l’Université Laval représente près de 5000 étudiants de 9 départements différents. Plusieurs étudiants de la faculté sont touchés par des stages obligatoires non rémunérés. Des mouvements de mobilisation sont organisés un peu partout au Québec aujourd’hui dont à Montréal et à Québec. Plus de 22 000 étudiants sont concernés par la grève d’aujourd’hui.
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